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En parler aux enfants

Le 4 mai 2014, 16:01 dans Humeurs 0

 

 

Quand ma Fée Clochette a appuyé notre décision et m’a promis de venir souvent me voir j’ai su que je ne pouvais plus reculer.

 

Il a donc fallu en parler aux enfants.

Mon homme et moi avons d’abord pris Fille aînée à part. J’ai pleuré (bravo l’exemple !) pas elle. A huit ans elle a une capacité d’adaptation et de maîtrise de soi qui me scotche. Petit Dernier a posé beaucoup de questions mais n’a pas fait la crise que nous redoutions. Il en parle régulièrement et je crois y déceler une pointe d’angoisse à moins que ce ne soit, en fait, que l’écho de mes propres peurs.

Dans la foulée de l’annonce aux enfants et histoire de « battre le fer tant qu’il est chaud » j’ai cherché et trouvé sur le Net une école. Une belle école privée de la maternelle au lycée à la cour de récré remplie d’arbres pour la modique somme de 75 euros pour les deux enfants (moi qui me demandais déjà comment payer les 300 euros par tête demandés dans la Ville des apparences j’ai commencé à voir le bien-fondé de ce changement).

Une école sans devoirs quand Fille Aînée est déjà entrainée pour passer le Bac en CE1, une école sans mercredi où tu peux laisser tes enfants à la cantine même quand tu ne travailles pas ( !?) et qui a un système de ramassage scolaire. Le contact avec la directrice a fini de nous  convaincre (et malgré les critiques de ma mère sur notre choix d’école).

Inscriptions faites, rendez-vous en Août pour visiter les lieux : St Jo, nous voilà !

 

 

(à suivre …)

J-3 mois et demi : L’homme de ma vie dégomme l’appartement

Le 4 mai 2014, 15:50 dans Humeurs 0

 

 

Avant même que je n’ose poser le préavis de notre appartement, l’Homme de ma vie fut pris d’une frénésie de tris et de cartons. Nous avons passé des journées entières à trier, jeter, emballer. En moins de deux semaines alors que personne d’autre que ma mère et mon ange gardien n’était au courant de notre décision, les cartons envahissaient déjà l’appartement, les meubles superflus étaient vendus sur Internet, les tableaux avaient disparu des murs, ne restaient des bibelots que mes bambous réunis dans deux vases et notre photo de mariage qui ne rentrait dans aucun carton !

Dans ce lieu quasi-monastique et malgré l’enthousiasme de mon homme, les doutes ne me laissaient toujours aucun répit.

Bien évidement quand le chien de la voisine me réveillait à 6h du mat’ en aboyant devant ma porte ou qu’un scooter me vrillait les tympans je me disais : « Vivement le calme de la campagne ! » Mais quand je regardais danser les dauphins du parc aquatique où nous étions abonnés je me disais : « Je ne peux pas quitter tout ça ! »

Quand le sourire de mon ange gardien effleurait mes souvenirs ou que je pensais à mon père que j’abandonnais aux mains de sa harpie de deuxième épouse ça me rendait malade.

Extérieurement je préparais notre nouvelle vie, intérieurement j’étais en pleine confusion. Ma mère prenait les choses en main pour faire rapatrier les cendres de mon beau-père dans le Berry qu’il aimait tant ça me rendait incapable de lui faire part de mes doutes. Les seuls à pouvoir m’entendre et à me rassurer pour quelques heures étaient mon mari et mon ange gardien, ma Fée Clochette personnelle. Mais au moment de trouver le sommeil ou au milieu de la nuit, l’angoisse ressurgissait : « Vais-je me sentir chez moi là-bas ? »

Une semaine après la décision je postais mon préavis. Quand je reçus l’accusé de réception de mon courrier j’ai failli partir en courant dire aux proprios : «  Mais c’était une blague voyons ! J’étais saoule (sous Exomil/sous acide : cochez la case qui vous ressemble le plus). » Mais je n’ai rien fait. J’ai rangé le papier dans mon agenda, j’ai effacé de mon répertoire téléphonique les numéros que je n’utiliserai plus et pour me donner du courage j’ai regardé les photos de la maison qui m’attendait.

 

 

La décision impromptue

Le 4 mai 2014, 15:29 dans Humeurs 0

 

Au départ il y avait juste des rêveries de vie meilleure, différente, loin des dictats de la Ville aux apparences, une envie de souffler …

 

Sachant que ça n’arriverait jamais.

Ensuite, un coup de tête en rentrant de week-end où l’on avait beaucoup discuté avec ma maman. Depuis la mort de mon beau-père cette maison me taraudait. Abandonner les rêves qu’il avait construit, laisser cet espace inutile, se défaire d’une sécurité immobilière me paraissait insensé alors que nous croulions sous les difficultés en tout genre dans un endroit qui ne nous ressemblait pas et qui ne voulait pas de nous. Et puis cette maison en morceaux au milieu de nulle part c’était le seul souvenir tangible de mon beau-père, lui qui ne jurait que par ces murs de pierres et ce lopin de terre.

Abandonner tout ça c’était l’abandonner lui et finalement jeter comme un papier sale toute l’énergie et tout l’amour qu’il avait injecté dans les quelques pièces qu’il avait rénové. Et c’était tout bonnement impensable.

Dans la voiture qui nous ramenait dans notre triste réalité on s’est décidés : c’était la chance de notre vie et on n’avait de toute façon pas le choix.

Au fond de moi j’étais bouleversée. J’avais rêvé de partir mais secrètement j’espérais ne pas m’éloigner autant. Huit cent bornes allaient me séparer de ma mère, de ma grand-mère, de mon Ange Gardien et de mon père. Huit cent kilomètres des habitudes de mes enfants, de leurs lieux de prédilections, plus de dix heures de route de la passion de mon petit dernier.

Paradoxalement mon esprit était rempli de jeux d’enfants dans l’herbe haute, de chants d’oiseaux, de déjeuners sous les arbres, de lectures au fond d’une véranda inondée de soleil. Mais j’imaginais aussi les hivers au froid glaçant, le givre partout, les départs en voiture dans le matin noir pour aller à l’école. L’école, parlons-en ! Déraciner mes enfants de leurs copains, les voir pleurer d’angoisse et de solitude aux premiers jours de classe … Sous ces images mon cœur se noyait et se noie toujours par moment.

Seront-ils heureux ? Et nous ? Quelle sera notre vie en Berry ?

 

 

(à suivre …)

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